Profession Soldat


Tous les bureaucrates installés au sommet de la hiérarchie ont suivi le même parcours, mais chaque soldat qui a rejoint l’armée de l’UEE l’a fait pour ses propres raisons.

J’en connais qui n’ont tout simplement pas eu le choix. La mauvaise couleur de peau, le mauvais lieu de naissance, les mauvais parents… Il a suffit qu’un cul-serré en costume, plus haut dans la chaîne alimentaire, décide de lancer une guerre pour sécuriser l’approvisionnement en ressources de notre bon vieux pays pour que des milliers de pauvres sans nom et sans familles aillent se faire tuer dans des recoins de la galaxie qu’ils se savent pas situer sur une carte. Trop peureux pour déserter, trop peu créatifs pour simuler la maladie, la folie ou les pieds-plats. Ils sont montés sur le tapis roulant qui les amenait au front, comme des agneaux à l’abattoir.

D’autres se sont convaincus avec les années que chaque fois que leur doigt se crispait sur la gâchette, c’était pour protéger leur femme et leurs enfants, et participer à la création d’un monde plus beau, plus sûr. Que chaque alien froidement abattu était un envahisseur potentiel de moins. Je ne me moque pas, je remarque juste que quand on est coincés dans un trou à rats, les genoux dans la merde, ce sont ceux qui rêvent du jour où ils pourront se reposer à l’ombre des orangers avec leurs petits-enfants qui craquent en dernier.

Il y a aussi des pragmatiques, qui, destinés à croupir dans un village de merde, sans famille et sans avenir, se sont dit que l’armée leur donnerait au moins la chance d’avoir leurs 3 repas par jour, de l’équipement robuste, des joujoux qu’ils ne pourraient jamais se payer, et des voyages gratuits autour de l’univers, avec parfois même une danseuse exotique pour leur offrir les charmes qu’aucune dame respectable ne leur aurait accordé chez eux.

Il y aussi des idéalistes. Ceux-là, c’est les pires. Parfois, ils ont même abandonné une vie tranquille pour volontairement crever la dalle et patauger dans la boue avec nous, les laissés pour compte. On dit qu’il y a des soldats héroïques, des soldats qui vivent vieux, mais pas de soldats héroïques qui vivent vieux. Ceux-là seront, dans la plupart des cas, les premiers à fertiliser les champs, et, dans le meilleur des cas pour eux, les premiers à tomber de haut, à découvrir que chaque homme a un prix, à renier leurs idéaux et se reconvertir en soldats de fortune.

Moi ? J’étais juste un vaurien, prêt à me battre pour un oui, ou surtout pour un non. Pour un godet de bière renversé sur le zinc, ou pour un regard fuyant dirigé vers une gamine que j’avais repéré le premier. Jusqu’au jour où un recruteur en permission m’a fait la remarque que je pourrais faire exactement la même chose dans l’armée, sauf que je serais payé au lieu de claquer tout mon fric. Et que si jamais je tuais les bonnes personnes, par mégarde ou non, on me donnerait une médaille plutôt qu’une peine de prison.

Une aubaine comme ça, ça n’arrive pas tous les jours. J’ai signé d’une poignée de main virile, sur le champ.

C’est ainsi qu’ils m’ont appris à obéir, et à tuer.

Mon fusil c’est mon ami. Des comme ça y en a plein mais celui-là c’est le mien

« Gunnery Sergeant Hartman: The deadliest weapon in the world is a marine and his rifle. It is your killer instinct which must be harnessed if you expect to survive in combat. Your rifle is only a tool. It is a hard heart that kills. If your killer instincts are not clean and strong you will hesitate at the moment of truth. You will not kill. You will become dead marines and then you will be in a world of **** because marines are not allowed to die without permission. Do you maggots understand? »

A l’entrée, j’ai laissé aussi bien mes affaires que ma personnalité de civil. Ils m’ont rasé le crâne, pour mieux signifier que blanc, noir ou café au lait, costaud, frêle ou gras, nous ne valions pas mieux l’un que l’autre. Ils nous ont poussés au bout de l’épuisement, loin au delà de nos derniers retranchements. 7 jours sans dormir, sans parler, à traverser des rivières boueuses et glaciales, avec 20kg de matériel sur le dos. Au début de la semaine, ils étaient des concurrents. A la fin, ils étaient mes frères d’armes, ma nouvelle famille.

Et comme nos aptitudes physiques déjà surhumaines ne suffisaient plus pour les guerres de ce nouveau siècle, ils nous ont donné les clés de l’optimisation biologique et cybernétique. Ceux qui étaient volontaires ont testé les premières générations d’implants et de stimpack, qui les ont propulsé au rang de mutants biologiquement améliorés. Les moins aventureux ont perfectionné les technologies d’exosquelettes et de nanomatériaux, qui dès les premiers prototypes n’avaient déjà plus grand chose à envier à la magie. Je ne suis plus homme désormais, je suis SOLDAT, un agglomérat de machine, de viande et d’acier.

J’ai connu l’enfer, et j’en suis revenu. Pour l’UEE, j’ai largement dépassé ma date de péremption, et je commence à devenir gênant, parce que j’ai vu plus d’horreurs que d’honneurs. Le jour où ils auront besoin de vétérans endurcis pour une prise d’otages, d’un commando d’élite prêt à provoquer la chance et à regarder la peur dans les jeux jusqu’au bout de sa mission, c’est moi qu’ils appelleront. Et si cette armure doit être ma prison, ou mon tombeau, ça me va.

« It’s about damn time ». Fanart Tychus Findlay par Davylink http://stareditor.creatuforo.net/gallery/Fan-Art/Tychus-pic_11.htm


Pas de cohabitation sans hostilité, en particulier lorsque les tensions entre les espèces extra-terrestres sont à leur paroxysme. On dit que le conflit est inévitable, mais que la guerre ne l’est pas. Les légions de soldats de Star Citizen vous répondront d’un sourire amusé que c’est possible, mais que si vous vous trompez, vous serez heureux qu’ils soient là pour aller jouer du blaster à votre place.

L’offre de technologies et de vaisseaux militaires étant d’ores et déjà pléthorique, nous pouvons parier que la vocation de Soldat sera particulièrement bien servie par les développeurs de CIG.

Pour illustrer la diversité des parcours pouvant amener à un service militaire, je vous propose la version « Murica de nos amis years1hundred et Trendane, qui tranche avec celle de la maison, parfumée à la sueur et au sang.


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